Histoire

RESTAURATION DE LA STATION BALEINIÈRE DE PORT JEANNE-D'ARC (PJDA)

 

Parmi les témoignages laissés par l'Homme dans les Taaf avant l'installation des bases pérennes, le territoire compte l'ancienne station baleinière de PJDA. Née de la volonté de ces fils d'armateur baleiniers que furent les frères Bossière, elle devait répondre au premier de leurs rêves de mise en valeur du domaine subantarctique français, savoir la chasse aux mammifères marins. Possibilités d'investissements et savoir-faire étant du côté des Norvégiens, c'est vers eux que se tournèrent les Bossière.

 En tout, 7 complexes du même type furent construits sur des îles subantarctiques, mais celui de PJDA est le seul sur territoire français. L'installation occupe une surface totale de 6 ha. En un temps record - 3 mois furent édifiés la station et les bâtiments annexes au cours de l'été austral 1907/08. On estime que sa construction nécessita 960 tonnes de bois et environ 2000 tonnes de ferraille.

 Commencée en 1908, son exploitation fut interrompue par la Grande Guerre Elle reprit en 1919 pour s'achever définitivement en 1926, condamnée par la mise en oeuvre des navires-usines.

 Abandonnés alors, les bâtiments laissés à la rudesse du climat menaçaient ruine. Deux des structures appelaient des restaurations d'urgence : l'atelier et la porcherie. Elles ont été effectuées au cours du dernier été austral. Des études approfondies avaient été menées antérieurement, aussi bien sur les espèces de bois que sur les peintures, les gonds et pentures des huisseries, etc. Consultés, les spécialistes norvégiens avaient ainsi pu définir que l'ensemble des bâtiments relèvent d'un style connu comme ''Empire tardif", un style en vogue en Norvège à la fin du XIXème s. En outre, une base de données iconographiques avait été constituée et fut mise à disposition des restaurateurs sur le terrain. 

 

L'atelier restauré

 Une opération d'envergure fut donc initiée par les Taaf. Le matériel venu de France, de Norvège, de Suède, fut acheminé par le MDII et débarqué par hélicoptère sur le lieu même de restauration. A terre, une équipe de 6 personnes comprenant charpentier, menuisier, géomètre, archéologue, reçut à 2 reprises les renforts de militaires venus de la base de Port aux Français. L'atelier exigea un soin tout particulier : il fut démonté pièce par pièce - chacune étant numérotée - pour être mise sur épure à la base où les spécialistes disposaient d'un outillage mieux adapté à leurs besoins. Tandis qu'ils y procédaient, une fouille archéologique fut conduite sous les bâtiments et dans leur pourtour immédiat.

 Rapportée in situ, l'ossature bois fut remontée 96% des pièces d'origine retrouvèrent leur place 3% furent remplacées par des pièces extraites d'un bâtiment d'habitation écroulé et 1% furent refaites en bois neuf d'essence et de densité semblables au matériau d'origine.

 Les éléments mobiliers en fer (outils et machines) ont été rapportés en métropole où ils seront stabilisés et restaurés avant de revenir à PJDA qui pourrait ainsi devenir un lieu d'animation culturelle destiné aux touristes et aux hivernants des bases.