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Navire échoué à Kerguelen
NAUFRAGE À KERGUELEN
Le 9 octobre un navire pirate (I'Amur) a sombré à proximité des côtes de Kerguelen. Une partie de son équipage a été récupérée dans les heures qui ont suivi par deux autres navires pirates situés à proximité, l'Arvisa 1 et le Grand Prince. Le bilan de ce drame s'établit à 26 rescapés, 8 morts et 6 disparus. À l'issue de multiples péripéties, transfert sur un cargo le Sana Reefer, puis transbordement sur un chalutier le Lena, ces rescapés ont fini par être débarqués, le 29 novembre à Port Louis (Maurice).
Cette tragédie illustre tristement :
- La persistance de la pêche illicite, au moins trois navires
pirates présents sur zone ;
- L'organisation de cette pêche illicite par des intérêts situés en Espagne. Le fait que les navires aient battu des pavillons comme celui du Sao Tomé et aient été armés par des équipages très composites (Chiliens, Coréens, Danois) ne doit pas cacher que toute la coordination entre ces divers navires a eu lieu depuis l'Espagne ;
- L'illégalité de plus en plus marquée de ces pratiques de pêche. Au mépris, de toutes les conventions maritimes, ces navires ont ignoré tous les efforts de coordination des secours du Cosru, compétent dans cette zone pour l'organisation du secours en mer, allant jusqu'à ignorer l'aide des navires français déroutés pour prêter assistance (silence radio, fuite à l'approche de l'Austral et du Kerguelen de Trémarec). De même, prenant le risque d'un transbordement en mer, ils ont préféré évacuer les rescapés vers le nord où les plus proches structures d'hospitalisation se trouvent au minimum à 3000 km, alors qu'à moins de 200 km, l'hôpital de la base de Port aux français, mis en alerte se disposait à les accueillir.
- La nécessité, au niveau international, d'approfondir le dispositif international de lutte contre cette pêche illicite, particulièrement en agissant sur les pays consommateurs.