L'ÉTUDE DES RELATIONS SOLEIL TERRE À KERGUELEN
L'activité solaire est source de nombreux processus affectant l'environnement terrestre. Ainsi, le vent solaire, flux permanent de particules chargées issues de la couronne solaire confine le champ magnétique terrestre dans une cavité de grande dimension, la magnétosphère, qui s'étend d'environ 60000 km côté jour et au-delà de l'orbite de la lune côté nuit.
À l'intérieur de celle-ci, le mouvement des particules électrisées dépend des conditions imposées par le vent solaire. Les phénomènes affectant la frontière de la magnétopause se projettent à basse altitude (300 km) dans l'ionosphère, principalement dans les régions de hautes latitudes où convergent les lignes de champs magnétiques reliées à la magnétosphère. Ces régions constituent les zones aurorales, sortes de couronnes autour des pôles magnétiques Nord et Sud où sont observées les aurores boréales et australes.
Le réseau SuperDARN (Super Dual Auroral Radar Network) fournit de façon continue des observations de la convection du plasma ionosphérique dans les régions de haute latitude. Cette convection est le reflet de la circulation du plasma dans la magnétosphère, engendrée par les stimuli provenant du milieu interplanétaire et transportés par le vent solaire.
Dans l'hémisphère Nord, le réseau SuperDARN regroupe une chaîne de 8 radars identiques disposés de l'Alaska à la Finlande. Ces radars fonctionnent par paires, couvrant un même champ de vue, ce qui permet de mesurer, par triangulation, la vitesse vectorielle.
Dans l'hémisphère Sud, où 5 radars sont déjà en fonctionnement, le nouveau radar de Kerguelen est particulièrement bien placé pour effectuer des études dans les régions conjuguées magnétiquement avec la Scandinavie.
Le programme SuperDARN inclut actuellement des instituts de recherche des États-Unis, du Canada, de Grande Bretagne, de France, du Japon, d'Afrique du Sud, d'Australie, d'Italie, de Suède et de Finlande. Le radar Super DARN Kerguelen a été financé par la France (INSU et IFRTP), l'Italie, la Suède et la Finlande.
D'une longueur totale de 260 m (16 antennes identiques), le radar SuperDARN de Port aux Français a nécessité, dans des conditions météorologiques souvent difficiles, d'importants travaux d'infrastructure et de génie civil (nivellement du terrain, réalisation de 68 plots de 2 m3 chacun pour soutenir les antennes, ancrage les haubans et installation de l'abri protégeant les équipements électroniques, tranchée pour amener les lignes électriques et téléphoniques) réalisés par les équipes du Territoire.
Contact : Jean-Paul Villain laboratoire de physique et chimie de l'environnement
CNRS-Orléans jvillain@cnrs-orleans.fr
Tél. 02 38 25 52 87