EDITORIAL

EDITORIAL

Depuis avril 2000, le siège du territoire des Terres australes et antarctiques françaises est entièrement installé à Saint-Pierre, près de l'embouchure de la rivière d'abord. L'entrepôt Kerguelen, construit à la fin du XVIII ème siècle pour abriter des sacs de sucre et d'épices, se découvre une nouvelle vie comme bâtiment administratif, beau et fonctionnel à la fois. L'immeuble de la rue des Renaudes à Paris est sorti du patrimoine du Territoire, même s'il reste dans sa mémoire...

Nommé administrateur supérieur du Territoire le 25 mai 2000, je mesure l'honneur qui m'est fait par les plus hautes autorités de la République, et le privilège d'être le premier à exercer ces responsabilités à Saint-Pierre. Je tiens à remercier à nouveau la mairie de Saint-Pierre, le conseil régiona et le conseil général pour leur soutien à cette délocalisation originale  qui, comme le disait le Secrétaire d'état à l'outre-mer, Jean Jack Queyranne le 19 mai 1999 " permet à un DOM d'accueillir un TOM".

L'aspect le plus étonnant de cette administration est sans doute la diversité des métiers qui y sont pratiqués : émetteur de timbres, affréteur de navires, autorité de réglementation des pêches, gestionnaire d'un pavillon maritime, collectivité territoriale de plein exercice, administration fiscale, opérateur de tourisme, participant à la délégation française dans diverses instances internationales... tels sont quelques uns des savoir-faire que possèdent, parfois en liaison avec d'autres administrations, les personnels du siège.

Mois l'essentiel est encore ailleurs : soutenir, au sens le plus large du terme, celles et ceux qui ont choisi d'aller servir quelques mois dans les bases. Là encore, quelle diversité dans les compétences, pour loger, éclairer, chauffer, nourrir, soigner, communiquer, bâtir,... et rendre ainsi la vie possible pour d'autres personnels, chercheurs, techniciens et météorologues notamment.

Tous ensemble, et dans des conditions qui ne sont jamais faciles, ils assurent une présence de la France et affirment sa souveraineté, de manière absolue à Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam, dans le système spécifique du Traité de l'Antarctique pour la Terre Adélie.

Ma première lettre. dès mon arrivée à Saint-Pierre, a cté pour eux, pour leur dire que le 'territoire n'existait et n'avait de sens que par l'existence des bases. Je tenais à remercier les hivernants, ainsi que tous ceux qui depuis un demi-siècle ont donné quelques mois de leur vie pour que cette ambition soit constamment relevée.