
DUMONT D'URVILLE
Dans l'immensité glacée mais fascinante de l'Antarctique, la France a, grâce à la découverte en 1840 de Dumont d'Urville, une petite part du " gâteau polaire austral ", la Terre Adélie (350 000 km 2, et 3% du continent Antarctique). Depuis 1950, elle dispose d'une base permanente où, sous l'autorité du chef de district, une trentaine de personnes uvre régulièrement à des tâches diverses : intendance, entretien de la base, centrale électrique, télécommunications, fonctionnement de l'hôpital, expériences scientifiques dans de nombreuses disciplines géophysique, glaciologie, météorologie, biologie et physiologie humaine, psychosociologie, biologie animale, écologie ). Ces activités de recherche, coordonnées par l'Institut polaire, successeur des Expéditions Polaires Françaises, permettent à la France, seule nation à pratiquer des raids terrestres entre la base de Dumont d'Urville et le Dôme C (l 800 km ), d'être en pointe dans le domaine de l'innovation pour améliorer les techniques polaires.
Au quotidien, la journée de travail s'organise assez librement, avec cependant certaines contraintes horaires, pour éviter tout risque de déphasage. Le travail n'est pas la seule activité de l'hiver austral : baby foot, vidéothèque, bibliothèque, bar, " partagent " l'univers aquatique avec les diverses spectacles cabarets... rythment la vie de la mission et minimisent les caprices du temps (températures pouvant atteindre - 30°, blizzard glacial fréquent pouvant souffler, en pointe, à 320 km/h ), dans une atmosphère d'isolement immaculé mais total.
La période d'été voit l'arrivée de personnels techniques et scientifiques supplémentaires, comme en 1998, le service d'hydrographie de la marine chargé de relever les positions de divers points de la côte et parfois, la venue d'un bateau de touristes apportant les effluves d'une réalité mondaine
Dans cette partie du continent antarctique à la beauté majestueuse et mystérieuse, la faune est reine et marque les saisons avec la régularité d'un métronome. Les colonies de manchots " Adélie " cohabitent avec. l'homme sur le périmètre de la base, mais aussi avec les pétrels, les Skuas, les damiers et " partagent " l'univers aquatique avec les diverses espèces de phoques dont le léopard de mer. A l'approche de l'hiver, les "Adélies " migrent vers des zones plus clémentes et les manchots empereurs apparaissent, les uns derrière les autres, venant de l'eau libre. Spectacle magnifique dont on ne se lasse pas. Peu effrayés par l'homme, tous ces animaux protégés se multiplient, aux limites de la surpopulation pour certaines espèces, et leur organisation sociale reste un thème d'études privilégié.
Entre deux moments de tempête, cette immensité glacée, propice à la découverte d'un environnement vierge et envoûtant, mais aussi à celle de sa propre nature, laisse des traces indélébiles dans la mémoire et la personnalité de chacun.