
Le Centre National d'études Spatiales (Cnes) à Kerguelen, c'est déjà de l'histoire ancienne, puisque dès les années soixante et jusqu'en 1975, ses équipes y ont régulièrement mené des campagnes d'études de la magnétosphère à l'aide de fusées et de ballons-sondes.
Ces expériences ont mis en évidence la situation unique dans l'hémisphère Sud des îles Kerguelen qui sera, en 1989, à l'origine de la décision conjointe du Cnes et de la Délégation générale pour l'armement (DGA) d'y implanter une station de poursuite des satellites.
Achevée et mise en service en mai 1995, la " Station 2 Ghz " fait désormais partie du paysage de Port-aux-Français qu'elle surplombe de son radôme blanc (20 mètres de hauteur et 15 mètres de diamètre).
Sous ce radôme, une antenne parabolique d'un diamètre de 10 mètres est capable d'effectuer un tour complet en 20 secondes, vitesse nécessaire pour se retourner rapidement lorsqu'un satellite passe au zénith.
Dotée de moyens particulièrement puissants d'amplification puis de transmission, via Intelsat, des données recueillies, la station réalise au profit de la DGA l'exploitation spatiale des satellites militaires Hélios 1 et 2, ainsi que celle des satellites Spot. En 1996, le Cnes a confié l'exploitation de la station à la société Alcatel.
La construction de cette station à Kerguelen a aussi constitué un défi pour l'administration du Territoire dont les équipes logistiques ont bâti l'ensemble des infrastrurctures et en assurent désormais la maintenance. Ce pari engagé au côté du Cnes a contribué au désenclavement de ces lointaines terres françaises devenues aujourd'hui une escale des informations en provenance et à destination de l'espace.