vie d'une base

PORT-AUX-FRANÇAIS

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Construite en décembre 1949, à l'ouest de l'archipel des îles Kerguelen, la base de Port-aux-Français est rythmée, comme toutes les bases des districts austraux, par les rotations du Marion Dufresne. Elle est aussi une escale régulière des cinq navires autorisés à pécher dans la zone économique de Kerguelen et des bâtiments de la Marine nationale responsables de la surveillance de cette zone maritime.

Toute l'année, près de 60 personnes, les "hivernants", travaillent sur le district. Une vingtaine d'entre eux entretiennent la base, sa voirie, ses bâtiments, les quatre groupes électrogènes et les deux éoliennes, qui fournissent l'énergie et l'électricité. Ils assurent aussi les transmissions radio, les liaisons téléphoniques, la gérance postale et l'activité philatélique. Un médecin et un Volontaire de l'aide technique (VAT) sont responsables du suivi médical et de toutes les interventions effectuées dans l'hôpital de Port-aux-Français. Des contractuels métropolitains et réunionnais assurent le service des cuisines et l'intendance. La base accueille également les personnels de divers organismes : une douzaine de VAT de l'Institut Polaire pour les programmes

scientifiques dirigés par de nombreux laboratoires et universités, trois agents de Météo-France pour les prévisions à 24 et 48 heures, quatre techniciens du CNES pour le suivi de satellites, un technicien de France-Télécom pour le fonctionnement de la liaison Intelsat.

En été austral (novembre à mars), une trentaine de scientifiques supplémentaires mènent des recherches dans de nombreux domaines comme l'ornithologie, la géologie, la botanique, le magnétisme terrestre, la sismologie et les rayonnements cosmiques, la pollution des eaux, la microfaune marine et terrestre. Une équipe logistique vient également en renfort, profitant des conditions météorologiques plus favorables pour effectuer des travaux d'entretien et de construction.

Au quotidien, la base de Port-aux-Français permet de pratiquer de nombreuses activités sportives et de se distraire (bibliothèque, vidéothèque, cinéma et labos photos). En s'éloignant de la base, des promenades permettent de découvrir la péninsule Courbet, avec ses colonies de manchots royaux et de gorfous macaronis, ses éléphants de mer, ses otaries et plusieurs espèces d'albatros et de pétrels.

En quelques heures, le randonneur peut atteindre les secteurs plus montagneux du Mont Crozier et du Val Studer. Les passionnés peuvent pêcher la truite dans les rivières ou lacs proches. D'autres, grâce au chaland l'Aventure, se rendent dans le golfe du Morbihan sur l'Île Haute pour chasser le mouflon ou sur l'Île Longue afin de réguler le mouton, alimentant ainsi en viande les trois districts austraux. Enfin, dans la salle commune, jeux, discussions et soirées permettent aux " hivernants " de se retrouver et de partager leurs impressions, leurs passions ou leurs expériences de terrain " en manip ".

Un séjour aux Kerguelen, par ses paysages, ses animaux mais aussi par sa dimension humaine exceptionnelle est une expérience unique, rare, qui ne laisse personne indifférent.